lundi 25 août 2014

"L'âme du Mal", de Maxime Chattam


En bref:

Un corps retrouvé. Découpé.  Ou plutôt, dépieucé.  Une femme violée, torturée, assassinée.
L'inspecteur Brolin est jeune et après un petit passage au FBI, il est devenu le "Profiler" de service au sein de la police.  Célibataire obsédé par son métier, vif, malin, il se met dans la peau des meurtriers et résout les affaires les plus tordues.  Passionné par celui que l'on va surnommer "le Bourreau de Portland", il va rapidement dénicher l'assassin. Affaire classée.

Mais un an plus tard, le Bourreau est mort et le carnage se poursuit.  Brolin ne croit pas que l'on puisse revenir d'entre les morts, mais les coïncidences sont troublantes...    Magie noire? Sauvagerie ? Copycat ? Tahison ? Secte ?  Cette affaire dépasse tout ce que Brolin a vu jusque maintenant.  Peut importe la peur,  il faut s'y mettre car les meurtres s’amoncellent, tous plus sanglants les uns que les autres...  Et la seule façon de s'y coller, c'est de s’immerger...


Mon avis :

Ce livre m' a vraiment plus.  Est-ce parce que je sortais de styles tout à fait différents, je ne sais pas, mais l'histoire m'a emballée.  Très réaliste, on se trouve rapidement plongé en pleine ambiance policière, on suit le travail du "profiler" avec beaucoup de plaisir. Si vous êtes fan du genre "The Mentaliste" (série tv) comme moi, vous vous y retrouverez aisément !

J'ai aimé le récit sans gants, le style rapide.  J'ai suivit avec angoisse les avancées de l'enquête, tremblé avec les victimes et espionné curieusement le raisonnement du (des) tueur(s).  Terrifiant, haletant, un polar à ne pas rater !

Extraits :

"Brolin tentait de ne pas se laisser impressionner par la bouille de chair qu'était son front.  
Un dernier pas vers elle.
Et il compris.
Toute l’horreur exprimée par les traits de son visage prit consistance dans l'esprit de Brolin 
Elle avait les yeux rivés sur lui. Les mains attachées.Le bassin maintenu au sol.Et deux cavités béantes à la place des jambes. "

"Imaginons qu'il était battu par son père, violé et tout le toutim, et ensuite ? Pourquoi on lui a fait ça? Son père aussi a été violé et battu? Ca n'a donc jamais de fin, c'est une spirale de haine et de violence qui n'a pasde début ni d'achèvement ? La genèse de ces monstres, le tout début, il provient d'où ? Ce mal qui a un jour frappé un homme, il s'est fait comment ?"

lundi 21 juillet 2014

"Maladie d'amour" de Nathalie Rheims


En Bref:

Alice est jeune, jolie, célibataire.  Enfin, célibataire par dépis, car en fait, tous les jeunes hommes qu'elle rencontre semblent se jouer d'elle.  Heureusement que Camille, sa meilleure amie, est toujours là pour l'écouter, épancher ses larmes et l'entourer de bonnes intentions.
Camille est mère de famille, elle a une vie simple et sans frasque.  C'est vrai que parfois, les aventures de son amie Alice la font rêver.

Le jour où Alice prend la ferme résolution de renoncer à cette vie faite de passions et de souffrances, elle rencontre un chirurgien de qui elle tombe éperdument amoureuse.  Petit à petit, Alice se fait discrète et rapidement, se projette une vie merveilleuse avec son nouvel amant.  Mais non sans éveiller le soupçon chez son amie, qui commence à enquêter sur ce mystérieux chirurgien en rencontrant certaines contradictions troublantes... 

Mon avis :
Honnêtement, je dis NON, non, non.  Ça ne va pas. Quand je vois que c'est le 15ème roman de l'auteur, je me demande si les autres sont pareils.   Le style ne me convient pas du tout, saccadé, brouillon; le scénario tient à peine la route et est prévisible à 10 km, les personnages hyper superficiels.

Heureusement, c'était court.

Mon avis le sera aussi :-)



"L'Appel du Coucou" de Robert Galbraith (J.K. Rowling)


En bref :

Une nuit d'hiver, le célèbre mannequin Lula Landry, alias le Coucou, est retrouvée morte défenestrée.  Sans traîner, l'affaire se trouve rapidement classée parmi les suicides.  Jusqu'au jour où  un détective privé à la dérive, Cormoran Strike, reçoit l'étrange visite du frère de la défunte, persuadé de l'homicide volontaire.
C'est ainsi que Strike, pour qui cette affaire est une aubaine, se lance dans l'aventure.  Pour un détective unijambiste, ex-lieutenant, malmené par l'amour et vivant dans son bureau, ce milieu très "Jet-Set" sera un véritable dédale.  De boîtes de nuit branchées aux hôtels cinq étoiles, des paparazzi à une mère dépressive, il découvre le coté caché de la gloire : jalousie, trahisons et chantage...

Mon avis :

Certains décrivent ce roman comme un grand succès, il n'est pour ma part que divertissant, voir un peu lassant par moment.  Même si je reconnais l'épatante galerie de personnages, sensés donner rythme et intrigue, j'ai regretté le point de vue unique du livre.  Décevant de prime abord (j'ai même arrêter la lecture entre temps pour un autre roman), il s'achève sur de meilleures notes.  Cela n'est cependant pas un immanquable.  L'intrigue n'est pas extraordinaire, reste maintenant à voir si les autres aventures de ce Cormoran Strike seront de meilleurs augures.



"Réparer Les Vivants" de Maylis de Kerangal

Lecture en cours...

En Bref :

"Réparez les vivants" est l'histoire d'une transplantation cardiaque.  En 24h, une multitude de tensions, d'émotions, d'actes, de décisions se succèdent.  Faut-il laisser le cœur, le foie, les poumons de Simon filer vers d'autres corps, vers d'autres lieux ?  Pauses méditatives, aventure intime, panique, questions...  Symbole d'une histoire, siège de l'amour,  le cœur d'un homme représente finalement bien plus qu'une fonction vitale... 

Mon avis :
Ayant lu tant de bonnes critiques sur ce livre, qui se révèle être la surprise de la rentrée littéraire de l'hiver 2013/2014, n'étant pas à la base spécialement portée sur les romans "médicaux"  - et donc nourrissant certaines craintes -, je me suis pourtant laissée tenter.

Et grand bien m'en fût.  Ce livre est un hommage empli de poésie à tout ceux qui participent, de près ou de loin, aux dons d'organes.  Cela nous rappelle que non, il ne s'agit pas "juste" d'une signature sur un formulaire, d'une formalité à remplir à son administration communale et d'une seconde vie offerte à un autre.

Non, ce geste est fort, est dur, est empli de questions, de doutes, de solitude pour certains, mais aussi d’espoirs, d'actes médicaux, de convictions pour d'autres.  Car ce drame, car cela en est un, nous ouvre l'esprit sur chaque acteur, chaque maillon de cette chaîne de la vie.  Aussi, c'est à travers des personnages touchants, parfois impressionnants que nous plongeons au sein d'un univers médical rarement décrit, porté par un style brillant.



mardi 1 avril 2014

"Muchachas" de Katerine Pancol

  

En bref :

C'est avec beaucoup de plaisir que nous retrouvons ici Hortense, Gary, Joséphine, Zoé et compagnie. Dès l'ouverture du roman, on se retrouve nez à nez avec ces personnages colorés, leurs déboires, leur petit bout de chemin... Mais ils ne font ici qu'effleurer l'histoire.

Ce n'est pas d'eux dont il est question, mais d'une femme, Stella.  De sa vie, de sa dignité, de son histoire où se mêlent malheur, bonheur et violence.  Stella est ferrailleuse, elle vit dans un petit village qui évolue sous l'autorité d'un homme, considéré comme un héro mais cachant bien des vices et infligeant de lourds déboires à qui il lui plaira.  Mais Stella, c'est une Femme, une dure à cuire, qui se battra corps et âme pour sauvegarder ces petits grains de bonheur qu'elle tient au creux de sa main...

Mon avis:

En ouvrant le roman, je n'ai pas de suite perçu le début d'une nouvelle trilogie, mais cela en est bien une.  Les crocodiles, tortues et écureuils ne sont ici que pour lancer l'histoire, faire un lien, et encore.  On s'en serait bien passé finalement. Pancol tient un sujet épineux, la violence familiale, la confrontation avec les idées reçues.  L'héroïne, seule contre tous, trouvera au fil des pages quelques alliés, présumant d'une suite bien mouvementée.

L'écriture est toujours aussi fraîche, colorée, pleine de vie et de sentiments.  Ce style, je l'aime, il me fait vibrer. C'est Beau, c'est Poétique.  Ça nous donne envie de garder ces phrases dans la tête toute au long de  la journée.  Informel, direct, chaque chapitre nous plonge dans une âme, une personnalité et nous évoluons à travers ses pensées et sentiments.

Maintenant, je suis un peu mitigée quant au thème choisi.  C'est sombre, difficile à lire, cru, ça fait mal.  Nous ne sommes plus dans des romances, histoires légères et enivrantes.   Mais ça touche, ces histoires de femmes, fortes, fonceuses contre vents et marrées.  J'ai aimé pour le style, moins pour le thème, mais j'attend la suite :-)


La suite (tomes 2 et 3):

Terrible !  J'ai dévoré ces livres, qui sont d'autant plus entraînant ici puisqu'ils se recentrent davantage sur nos anciens héros, principalement le beau Gary et Hortense la vaniteuse-qu-on-aime-quand-même.  Plus frais, moins lourds, aussi colorés... un RÉGAL ! :-) :-)


Extraits du tome 1 :

" La nuit, Joséphine se dit que le bonheur n'est pas une marchandise qu'on pose sur le comptoir, qu'on pèse et qu'on achète pour mieux le posséder, c'est un état d'esprit, une décision de l’âme.  le bonheur, c'est d'avoir les yeux grands ouverts et de le chercher partout.  Et elle à décidé d'être heureuse."

"Est-on toujours tourmentée quand on est amoureuse ? Amoureuse ? Il vaudrait mieux dire possédée envahie, décolorée, recolorée à ses couleurs à lui.  La quête d'un mot exact l'apaise.  Elle goûte sur ses lèvres la trace de leur dernier baiser et se rassure. On ne mime pas le désir, le désir d'un homme qui se pose sur une femme et la rend belle. De ce désir-là, elle se sent parée.  La façon qu'il a de refermer ses bras sur elle quand ils sont étendus dans le lit...  Il l'étreint, l'ajuste contre lui et tout semble simple. Un baiser et les questions s'effacent, gommées par une évidence qui s'impose, embrasse-moi, embrasse moi encore.  La volupté peut se révéler une science exacte, même si elle ne l'est que l'espace d'une heure, d'une nuit.  Il est des confidences que seuls les corps échangent.  Un accord secret signé d'une peau sur l'autre."

 "Elle fixe le ciel.  Cela commence toujours par le vent.  Le vent, de gros nuages noirs et blancs, la pluie.  La pluie du chagrin. Quand il pleuvait, elle avait peur, enfant.  Peur qu'il pousse la porte."

   " Il n'y a pas de remède à ce mystère de l'homme qu'on aime, et qui devient un étranger  justement parce qu'on l'aime, et qu'en l'aimant, on perd le pouvoir de raisonner, on se heurte à un mur douloureux qu'on ne peut briser"



dimanche 2 mars 2014

"Bloody Miami" de Tom Wolfe


En Bref :

Une fresque de la vie à Miami en 2010, racontant l'histoire d'une dizaine de personnes dans une société qui semble bien malade... Tout le monde juge tout le monde, déteste tout le monde, utilise tout le monde. Victime, vainqueur, manipulateurs. Le miroir de l'Amérique du XXIème siècle ou de l'avenir de l'Amérique?

Mon avis:

Bon j'avoue, je ne l'ai pas fini.  Je le reprendrais peut-être, je ne sais pas. Surement.

Ce qui me déplaît ?  J'aime les romans de Tom Wolfe (enfin, je n'ai lu que le Bûcher des Vanités et Moi, Charlotte Simons) :  piquants, réalistes, non-politiquement corrects, dénonciateurs.
Mais ici, c'est pénible.  Le style, le vocabulaire, la lenteur.  

Peut-être est-ce nécessaire, peut-être que je m'en rendrais compte plus tard, peut-être que je devrais m'accrocher, mais là vraiment... 

C'est rare, mais je fais un break.  

Je m'envole dans le dernier Pancol :-)


"11 minutes" de Paulo Coelho


En Bref :

Maria est une jeune Brésilienne.  Elle est issue d'un milieu modeste, travaille dans un commerce et se désespère de l'amour.  Après plusieurs tentatives, un cœur brisé et une recherche désespérée du sens de la sexualité, elle se conforte dans l'idée que tout cela n'est juste pas utile à sa vie et que les hommes ne sont qu’accessoires pour l'intimité d'une femme.

Ainsi promise à un avenir un peu fadasse, elle rencontre sur une plage un Suisse qui lui offre une opportunité d'aventure. L'Europe, la gloire, l'argent.  Qui ne serait pas tenté ?  Malheureusement la réalité fût toute différente et Maria en vient à se prostituer, sans honte, car après tout la prostitution est un métier comme un autre.  Ainsi commence le chemin se son initiation et de sa quête personnelle qui est, comme pour un peu tout le monde finalement, l'amour.

Mon avis :

On ne peut pas dire que je sois spécialement une grande fan des romans de Monsieur Coelho, dont je n'apprécie pas toujours l'aspect un peu religieux et moralisateur.  Cependant, si je fais fi de cela, les thèmes évoqués et les réflexions transportées via ses histoires me poussent à découvrir davantage ses livres.

Ici, j'ai commencé le roman sans aucune idée du sujet.  Après coup, le thème osé de la prostitution m'a bien accroché.  Or j'ai été considérablement déçue en avançant progressivement dans le récit.   Certe, on ne lit pas un livre pour se plonger dans un sujet épineux, pas très joyeux et déprimer toute la journée, mais ici le tableau est extraordinairement (trop) beau, simple, sans problèmes.  En gros, voici la trame (Attention spoiler)  :

Maria n'aime pas son boulot. 
"Ok, Et si je me prostituais ?  Ainsi je gagne plein d'argent et après un an j'arrête".
Maria rentre dans le premier bar. Un bar Brésilien.  Le mieux payé de la rue.  (Quel hasard.)
Elle est de suite embauchée.
Le patron est sympa.
Elle décide elle-même qui elle accepte ou non.
Les clients sont toujours très corrects et elle peu garder une grande partie de l'argent de la passe.
Elle tombe amoureuse. D'un beau peintre ténébreux.
Il est parfait.  Il est amoureux, lui aussi.
Elle dit à son patron "je m'en vais"
Il lui dit "Ok, on reste en contact". 
Fin.

Cela me gêne.  Cela ne colle pas à la réalité.  Je n'y connais rien mais je pense que ce n'est pas aussi rose dans la vie d'une prostituée, même si c'est un choix.  Tout a l'air si facile, si simple, le monde est si gentil.
La fin est prévisible à 100 km.  J'ai juste l'impression que pour compenser le risque pris par le sujet, tout a été enrobé de façon complètement exagérée, mielleuse, même si c'est écrit d'après un récit de vie.

Cependant l'évolution du personnage dans la découverte des limites de la libération sexuelle, son initiation et sa réconciliation avec son âme, avec elle-même, est intéressante. Le fait que ce n'est pas un livre érotique (aucune passe n'est décrite; sauf une ou deux, importantes pour comprendre le cheminement de Maria)  nous fait comprendre le vrai sens du récit.

A vous de voir.